Une rencontre étonnante - Juio Foret

Mon blogue

Une rencontre étonnante

Une rencontre étonnante - Juio Foret

Pendant un récent séjour dans une grande ville, je pris le temps de flâner, et de découvrir des quartiers un peu cachés, excentrés, originaux, ou qui m’étaient tout simplement, juste inconnus jusque-là. Dans une ruelle, je m’enfonçais, comme un explorateur qui découvre l’urbanité. J’avais déjà été habitant de cette ville, mais seulement quelques années. J’étais ensuite parti pour la campagne, car je ne supportais pas l’agitation constante des grandes agglomérations. Cependant, retourner dans le dédale de cette belle cité, me plaisait assez. J’aime, à présent, venir visiter ces rues et ces places comme un étranger. Je me laisse émerveiller, porter par mes sensations pour tourner dans une rue inconnue. Une de celles que j’empruntais, fut une découverte totale. Je remarquais une vitrine allumée. Des objets hétéroclites, recouverts de poussière pour certains, brillants comme s’ils avaient été briqués pour d’autres, étaient présentés. Un vrai capharnaüm, voilà ce que je voyais.

Pris dans la contemplation de cette vitrine si excentrique, je n’entendis pas les pas de trois individus se rapprocher. Ils furent près de moi si vite, que je sentis leur haleine alcoolisée, avant même de les avoir entendus. Bien sûr, dans une telle ruelle, il n’y avait pas de système d’inspection par camera, ou de tout autre système de vidéosurveillance d’ailleurs. Je me sentais pris au piège. Les trois inconnus riaient entre eux, semblant ne pas me voir. Ils commentaient les objets surannés qui s’entassaient dans la vitrine. Ils me prirent à parti. Absolument pas rassuré, quant à leurs intentions, je pris la parole, en choisissant bien mes mots. Ma cible fut une théière en porcelaine décorée de motifs chinois. Je la comparais à la vaisselle en vente dans n’importe quel bazar, et cela les enchanta. Bien contents d’avoir trouvé un interlocuteur, ils continuèrent à me mêler à leur discussion. Finalement, ils me proposèrent de les suivre dans un bar situé tout près.

J’étais étonné. Ces hommes n’étaient, après tout, pas si méchants, ni impressionnants. Ils commençaient même à devenir très sympathiques, à mes yeux. Je les suivis. Nous avons passé une soirée formidable, et je rentrais à mon hôtel aux petites heures du matin seulement. Je me couchais immédiatement. À mon réveil, j’avais un peu mal au crâne. Je me préparais un café bien chaud. En regardant dans les poches de mon manteau, je m’aperçus que j’avais un téléphone qui ne m’appartenait pas, mais que je n’avais pas le mien. Heureusement que le téléphone n’était pas verrouillé ! Sur la liste des contacts, je reconnus le nom d’un des hommes que j’avais rencontré. Je l’appelais alors immédiatement.